Au revoir le Bangladesh, au revoir les Negrini !
15 décembre 2008 à 7:42 | Publié dans Non classé | 2 CommentairesJ’écris depuis Dacca, où je passe ma dernière nuit au Bangladesh…
C’est la fin ! J’ai quitté jeudi matin ma brousse. C’était émouvant de dire : «Au revoir » aux Negrini après trois mois intenses avec eux. Pas facile de mettre des mots sur cette sensation soudaine de ne plus vouloir rentrer chez soi, parce qu’on se rend compte de ce qu’on a tissé et qu’on laisse…
J’ai apprécié mes deux jours à la capitale pour me préparer à rentrer, faire quelques achats et profiter encore de faire de nouvelles connaissances. J’ai eu l’occasion de visiter deux églises différentes, ainsi qu’une école primaire internationale. Ces endroits sont fréquentés par des gens d’horizon si différent, ayant des parcours originaux. Je me régale !!! Je trouve passionnant de s’apercevoir qu’il n’y a pas une seule façon de vivre à l’étranger !
Je prends l’avion dimanche et arrive lundi soir (escale en Arabie Saoudite)… Deux longs jours de voyage qui me permettront de faire la transition entre le Bangladesh : pays vert, chaud, plat et pauvre…

Paysage illuminé par la moutarde
…et notre Suisse, pays blanc, froid, montagneux et aisé… Je profite de vous laisser quelques mots de conclusion…
Je garderai un souvenir inoubliable de ma confrontation à ce monde que l’on ignore en Europe. J’ai aimé rencontrer tant de Bangladais, échanger quelques mots et un sourire, partager et apprécier leur nourriture… et puis participer à l’éducation des enfants d’une famille étrangère, et ainsi, soutenir leur engagement pour la santé du Bangladesh.
Après trois mois, je me rends compte à quel point c’est difficile pour finir d’être proche des Bangladais de la région de Nilphamari. Il y a plusieurs raisons à cela : la langue, la mentalité mais aussi le standard de vie. Je crois de plus en plus qu’on ne peut rejoindre des pauvres sans faire l’immense sacrifice d’être comme eux… Je comprends un peu plus l’ampleur et la pertinence des vies de Mère Teresa ou Sœur Emmanuelle… Elles avaient compris quelque chose de fondamental… En effet, venant ici, et donc se privant du confort européen : ce n’est toujours pas assez pour rejoindre ces gens qui ne vivent pas, mais qui survivent ! Il faut faire le deuil de vouloir se fondre dans la masse… Nous restons des “blancs” qui avons les moyens de vivre…
Bref, je repars avec de nouvelles impressions et réalités de la vie possible dans des pays en développement. Cela agrémente ma réflexion et mon envie de revivre une telle expérience à l’étranger… Mais pour l’instant, je dois me concentrer sur l’épisode suivant : ma vie en Suisse et mon défi d’entrer dans le monde professionnel ! Chaque chose en son temps ! Digérons et apprécions de revenir à la maison… Les choses doivent mûrir !
Balades et découvertes
9 décembre 2008 à 7:37 | Publié dans Non classé | Commentaires FermésLa fin de mon séjour ici est marquée par la rencontre de Kyria, une jeune française, physiothérapeute, qui vient pour des « courts termes » à l’hôpital. Ayant déjà beaucoup voyagé et curieuse, elle m’embarque dans des choses que je n’ai jamais faites jusqu’à présent. Faire le marché en fin d’après-midi, aller ensuite manger au restaurant local, et revenir en rickshaw (taxi-vélo local) sous les étoiles… le rêve !
Nous avons l’habitude dorénavant d’aller nous promener dans les rizières après notre journée de boulot, puis s’arrêter dans un petit « bouiboui » local boire une tasse de thé Moments supers, où l’on savoure ce pays : des paysages uniques, époustouflants, des gens conviviaux, des constructions magnifiques en bambous. Je suis tellement heureuse de pouvoir encore découvrir cela avant de partir.
Ces mots ont été écrit alors qu’il faisait agréablement 21 degrés et 82 % d’humidité. Je pense bien à vous qui êtes au froid ! Dans une semaine, je revivrai cela.

Brumes du matin
Cadeau
Je commençais à me dire qu’il fallait que je cherche du travail pour mon retour en Suisse. Un poste de remplacement en école primaire m’a été proposé par mail avant que j’envoie mes offres spontanées !
Quelques échanges d’e-mail et j’ai la chance d’avoir été engagée pour un long remplacement de janvier à juin. C’était un vrai cadeau que cela se soit passé si vite, alors que j’étais si loin. Je suis tellement reconnaissante !!! Une grâce !
Dernières nouvelles
28 novembre 2008 à 9:08 | Publié dans Non classé | Commentaires FermésSari
Cela faisait partie des choses à faire avant de partir : apprendre à mettre le sari et à le porter. J’en avais choisi un au marché avec ma maman, commandé au tailleur le jupon et la blouse… et Betty, l’aide des Negrini, m’a appris aujourd’hui à « m’emballer » (c’est vraiment
ça !). Super moment entre femmes… Le vrai défi, ça sera de le refaire toute seule ! J’étais ravie, comme les petites filles qui enfilent leur première robe de princesse… jusqu’au moment où… euh… j’ai envie d’aller aux toilettes… No comment !

Toute une technique!

ça y est !
Camp chirurgical
J’avais entendu beaucoup parler de cette semaine de camp chirurgical. Jean-François se préparait à accueillir quatre « confrères » suisses venant partager leur expérience, leur conseil, leur soutien. Le but de cette semaine est de profiter de l’expérience et de la spécialisation de chacun et ainsi de pouvoir opérer des cas difficiles ensemble… Jean-François me parlait de cette semaine comme riche en collaboration, chirurgicalement intéressante et émotionnellement intense.
Cela a commencé vendredi. L’hôpital était plein. Certaines personnes étaient venues de loin, la plupart attendaient ce moment depuis longtemps. Jean-François et ses collègues ont pris le temps de voir et d’ausculter toutes les personnes, pour discuter et trouver la meilleure chose à faire, et ainsi planifier la semaine à venir.
J’y ai fait un tour ce jour-là pour prendre en images l’ambiance de ce moment si extraordinaire et essayer de comprendre un peu plus le challenge de cet hôpital.

Couloirs
Les couloirs sont pleins, chacun attend sa consultation. La cour intérieure de l’hôpital est en vie : des gens partout ! Des parents tenaient leur petit bout de chou avec une fente labiale, des enfants brûlés par un feu ouvert jouent au ballon dans l’herbe, un garçon marche alors que ses deux genoux se plient littéralement sur les côtés, …

Père et enfant
Un concentré de choses incompréhensibles, de quoi se poser des questions sur la vie humaine et ses injustices. Pourtant des peintures au mur de cet hôpital rappellent qu’il y a bien plus Grand que cela… et qu’il peut y avoir de la lumière… En marchant dans cette
cour, j’ai vu les enfants jouer malgré leur bras, leur cou, leur visage brûlés… Ils me sourient et s’amusent à poser devant mon objectif… La vie est quand même là, elle continue !

Très affairé!
Petit garçon qui passera quelques minutes à récolter un tas de feuilles… C’était trop mignon comme il était affairé !

On attend
Groupe de patients qui avaient prévu l’attente…
C’est donc parti pour une semaine d’opérations et surtout une belle aventure humaine. Ces médecins qui quittent leur pays « confortable », mettent leur savoir et leur savoir-faire ensemble pour que le maximum de personnes puisse retrouver une vie plus sereine en leur rendant un visage, une main, l’utilisation de leurs jambes… (Pour info dans ce genre de camp, entre 25 à 30 personnes se font opérer.)
Maintenant on parle des soucis de cicatrisation. Il faut en effet que le corps fasse son travail aussi… Il faut y croire ! (cf. chanson du groupe Spooky Heaven Sound)

Une famille
Personnes venant certainement de loin…
Mariage
Jean-François m’a annoncé un jour que nous étions invités à un mariage d’une de ses anciennes patientes. Il m’expliqua que c’était une petite victoire lorsqu’une fille comme celle-ci, opérée d’un pied-bot se marie… Un pied opéré peut être un prétexte pour un homme de ne pas vouloir de la femme… La famille de la mariée tenait donc à inviter Jean-François pour honorer ce chirurgien qui avait permis à leur fille de retrouver un pied fonctionnel et de se marier…
Pour finir, la famille a organisé un repas exprès pour nous quelques jours après la cérémonie du mariage. Nous nous y sommes rendus avec Jean-François, ses enfants et moi (Anne était en vadrouille à Dhaka) et on s’est fait chouchouter !!!
Ici quand on reçoit, on ne mange pas, on sert, on honore, même si nous sommes la mariée !!! Poisson, poulet, viande, aubergines, œufs, lentilles, riz, tout ceci en quantité festive… C’était impressionnant. Pour commencer la mariée m’a aidée à me laver les mains (on se les lave à table), puis m’a servie, et pour finir a repris le temps de m’aider à me laver les mains…
Ce sont des choses dont on a tellement pas l’habitude ! Il faut apprendre à accepter, et à recevoir cet honneur… pour ainsi honorer à notre tour notre hôte !

Table de mariage
Sur la terrasse, chez les parents de la mariée, repas abondant !
Puis ensuite, une petite tasse de thé avec lait et sucre pour échanger quelques nouvelles.
Petite réflexion m’est venue lorsque le marié a demandé ce qu’il en était de moi : mariée ou pas ?! Là Jean-François a expliqué que je ne l’étais pas encore, mais que je fréquentais… ça m’a fait bizarre de me dire que chez nous, ce cas de figure suivait une norme « respectable »… alors que pour eux, cela n’est pas vraiment usuel, que ça se rapproche plutôt de la « mauvaise fille »… et puis vice versa : leur tradition de se marier après s’être vus juste quelques fois, chez nous : ça passe plutôt mal !
Le thé est en général le signe qu’il faut demander congé et reprendre la route.
Joli moment donc avec cette famille, car en effet sœurs, frères, père, mère, neveux et oncle étaient là autour de la table à se soucier qu’on ait assez à boire et à manger…
Visite de loin…
Eh oui, j’ai eu la chance d’avoir la visite de ma maman durant une semaine. Court certes, mais intense : ça valait la peine ! C’était génial de pouvoir accueillir un regard extérieur sur mon expérience à Nilphamari. Par sa motivation à découvrir un maximum de choses durant son séjour, elle m’a un peu « réveillée » de ma routine et nous avons profité de faire plein de choses. Visiter l’atelier de couture de l’hôpital, se promener (ce que je ne peux faire toute
seule), aller au marché, manger ce qu’on achète dans les petits bouibouis sur le bord de la route… Et puis il faut dire que ma maman m’a épatée par son intérêt pour le domaine médical. Elle est allée visiter une clinique, assister à plusieurs consultations… Jean-François a pu lui partager un peu plus de son métier qu’avec moi qui, décidément, ne tiens pas bien le coup à la vue de choses un peu chirurgicales…

Moment mère-fille savoureux
Au marché, en plein choix de tissu, on s’est même fait offrir le thé… Moments mère-fille savoureux…
Un culte en anglais dans un hôpital général
11 novembre 2008 à 7:41 | Publié dans Non classé | 6 CommentairesJe me suis rendue samedi 8 novembre dans un hôpital général, à 60 km de Nilphamari. On y organisait un culte en anglais (ce qui reste plus compréhensible que le bangla pour moi !
. En plus du fait d’aller à l’église, c’était super de pouvoir visiter un nouvel endroit et de rencontrer de nouvelles personnes. C’était particulier, puisque cette journée rassemblait plusieurs expatriés : cela faisait bizarre de voir autant de blancs !!!
Et puis un monsieur m’a même dit : « Bonjour » avec un accent neuchâtelois… ça surprend et réveille les tripes « nationales »… Y’a pas à dire, on est terrible loin de chez soi : on traque ce qui nous ressemble… (Pour l’anecdote : j’ai pu expliquer jusqu’au mot « Nyon » d’où je venais).
En général, je m’arrête à « Europe » pour les Américains, à « Switzerland » pour les Européens, et « between Geneva et Lausanne » pour les particulièrement doués…
. J’y ai même entendu du suisse allemand ! Alors là, ça m’a fait fondre ! C’était la cerise sur le gâteau : on est sûr que ça, ça vient de chez nous…
!
Dans l’enceinte de l’hôpital, un grand bâtiment m’a intéressée, puisque c’est une école primaire ! Elle accueille principalement les enfants du personnel de l’hôpital (bangalis et expatriés). Ils enseignent donc en bangali et en anglais !
J’ai savouré de voir la salle des profs, les tableaux noirs, la bibliothèque, les alphabets en bangla au mur… Une enseignante m’a demandé si l’année prochaine, j’étais libre, ils recrutent ! Mhmm, c’est vrai que ça me dirait bien : une classe enfantine compte 40 élèves… Beau défi !
De retour d’un voyage à Dhaka
3 novembre 2008 à 11:43 | Publié dans Non classé | Commentaires FermésVous donner des nouvelles devenait urgent, car après ce long temps de silence vous pourriez douter que je sois encore vivante ou tout simplement que je sois encore au Bangladesh… Voici donc quelques lignes pour vous prouver que j’y suis toujours, et même comblée !
Ayant trouvé un moyen efficace de me connecter depuis mon ordinateur (merci les Negrini pour votre aide !), je vais essayer après cet ajout d’utiliser ce blog de manière plus « blog », c’est-à-dire : ajouter de petites « news » régulières, et non des textes « à la Fanny », qui ressemblent plus à des extraits d’autobiographie missionnaire, comme on me l’a fait remarquer
.
Ma foi, il était nécessaire de poser le décor, on peut maintenant y jouer !!!
Nous commençons à profiter de la température agréable (on enfile des fois volontiers la petite laine, c’est pour dire !) et l’air est presque sec : il n’y a plus que 86 % d’humidité
! Je viens de passer ma première nuit sans ventilateur, et j’ai même eu un semblant de frisquet ce matin… On aurait presque oublié l’effet que ça fait !
La vie continue : le champ de riz en face de chez moi a été récolté, mon vocabulaire en bangla s’agrandit timidement, et nous avançons à bon rythme dans le programme scolaire !
Nous avons eu l’occasion de descendre à la capitale au début du mois pour quelques jours de vacances. Le but était de se relaxer, de faire quelques achats (ce qu’on ne trouve pas à Nilphamari : viande, fromage, pâtes, boîtes de conserves) et puis de revenir avec Jean-François, qui était à Paris pour une conférence de chirurgie.
J’ai profité du voyage en bus pour savourer une nouvelle fois le paysage ! Nous avons traversé plusieurs villages encombrés par des marchés de bananes. En effet, ici les petits producteurs apportent et rassemblent leur production pour qu’elle soit redistribuée ensuite… Je n’ai jamais vu autant de bananes de ma vie !!! De quoi faire des bananas splits pour quatre vies entières !
De plus, à l’occasion de la fin du Ramadan, d’immenses porches ornés de tissus colorés sont construits… c’est très beau ! Bien plus beaux que ceux du Mondial qu’on a vu dans nos villes cet été… Désolée l’UEFA !

J’ai découvert à Dhaka le concept des « clubs », endroits où il fait bon en tant qu’expat’ se relaxer, nager quelques longueurs, manger une assiette au resto, et rencontrer des gens de sa « culture », tout cela loin de la foule des rues et du regard des gens dévisageant notre face blanche. A priori toute nationalité a son club. Cependant n’ayant pas de club francophone à Dhaka, les Negrini ont pu être membres du club scandinave. On a donc profité pendant 4 jours de la piscine, de manger du fromage et du calme de la terrasse… C’était intéressant de voir ce genre d’endroit ! Pour moi, c’était vraiment nouveau. Je n’en avais jamais entendu parler. En étant missionnaire en France, on n’avait rien de cela. On allait à la piscine municipale, nous !
Les gens venant au club sont principalement des expat’ travaillant pour de grandes boîtes comme Nokia, H&M, ou encore des ambassades… Cela m’a quand même frappé à quel point ces personnes ont tendance à ne pas s’intégrer. C’est assez le cliché des expat’… Heureusement qu’il y a de temps en temps quelques missionnaires qui débarquent et qui complètent le tableau des clichés : celui de porter l’habit traditionnel, parler la moindre la langue locale… et envahir la piscine avec des gamins !
Mon estomac a réussi à tomber malade le dernier jour… il a fait une overdose de nourriture scandinave ?! C’est le comble après un mois au Bangladesh ! Il a fallu 2-3 jours au lit pour que la « grande » ait à nouveau des couleurs et que son système retrouve un équilibre, et puis c’était oublié ! De retour à Nilphamari et à nouveau en forme, le moral n’était pourtant pas au top… En réfléchissant, c’était ma maison qui me faisait tomber les chaussettes ! En effet, ce bâtiment étant réservé aux gens de passage pour quelques mois, n’a rien de « cosy » ni de personnel. J’ai décidé de donner de la vie à cet endroit, même si je n’étais pas encouragée par Margaret, ma colloque, qui ne voyait pas le problème ! Elle a en effet vécu toute sa vie dans ce genre de maison et n’est vraiment pas déco… C’était pour moi une découverte de savoir qu’il existait des femmes non sensibles à l’esthétique
et à « l’accueil du lieu » en général. Donc vu mon héritage familial (pour ceux qui connaissent ma maman et sa famille…), ça me démangeait d’agir ! Alors hop j’ai nettoyé (ça, c’est le côté suisse !), éclairci, déménagé, restauré et bien sûr récupéré tout ce que je pouvais pour faire vivre cet endroit ! Et puis c’est intéressant comme j’ai aimé faire cela et cela m’a interpellée ! Redonner de la dignité à ce qui m’entoure est dans mes tripes !!! C’était pour moi clairement une manière d’honorer cet endroit, et de voir au-delà du lugubre…
Après un mois de prise de marque, il est intéressant de faire le bilan, de revenir à ma décision partagée dans mon dernier texte : qu’aucune journée ne doit se ressembler jusqu’en décembre. Pourtant après un mois, la routine s’installe, c’est inévitable ! Et celle-ci n’étant pas désagréable, il est possible de me laisser filer ainsi jusqu’à la fin du séjour. Cependant, en prenant soin de ma maison, en voyant plus loin que le lugubre, je me suis rendu compte qu’il y avait encore bien des choses à faire et à découvrir !!!
À l’école, je perçois mes challenges. Enseigner une seule élève est étonnement un défi. Je ne suis en effet plus « gestionnaire » d’un groupe dans le cadre d’une institution. Je n’ai pas l’autorité au même titre et c’est difficile de savoir de quel droit je l’ai du coup ! Juste parce que je suis adulte ?! C’est intéressant de se poser la question en tant que jeune enseignante pleine d’idéologie !
Je profite de cette expérience pour me concentrer sur mon savoir-être (encouragement, formulation des consignes, explication de la matière de manière claire et adaptée…). C’est en fin de compte un cours parfait de perfectionnement après la HEP, à conseiller aux étudiants qui y sont maintenant ! ![]()
Autrement, c’est super de voir les progrès de Naeva, avec qui je fais un programme de l’école enfantine ! C’est beau de la voir reconnaître des mots, écrire ses premiers chiffres enfin à l’endroit
… Bref, des instants magiques…
Prochains événements : visite d’un hôpital général (The Lamb Hospital, à 60 km de Nilphamari), et puis j’ai la chance d’accueillir dans mon petit monde ma maman début novembre pour une dizaine de jours. Cela sera une bonne occasion de partager mon expérience en live, je me réjouis !
Sachez que vos commentaires (cliquer sur « commentaires » en bleu en haut de cette page) sont toujours les bienvenus, et le mail est un bon moyen de rester en contact. Que ces quelques lignes vous encouragent aussi – pourquoi pas ? – à voir plus loin que les parties lugubres de votre quotidien ! Je vous y souhaite plein de lumière ! Comme dit mon livre de chevet : « Tout ce qui est caché paraîtra au grand jour, et tout ce qui est secret sera mis en pleine lumière » (Marc 4 : 22). C’est ce que j’annonce aux araignées que je dérange lors de mon ménage dans ma maison lugubre…!
Mais c’est aussi valable pour tout autre animal et souci suisse… !!! Heureuse d’avoir passer ce moment avec vous, merci de m’avoir lue jusqu’en bas ! Vous n’aurez pas de bonbon, juste un petit voyage en plus dans les yeux…
Signé : « Anti Fanny »
(Ici, c’est une marque de respect d’appeler les gens « tante » ou « oncle »)
Vie quotidienne
25 septembre 2008 à 3:27 | Publié dans Non classé | 4 CommentairesSi cela vous dit, vous pouvez me suivre durant une journée « type » de la semaine, à travers cette lecture.
Tout d’abord, il faut savoir que la semaine n’est pas organisée comme nous. Elle commence le dimanche et finit le jeudi. C’est en effet le vendredi et samedi que le rythme est relax (le w-e). En plus de cela, ils vivent leur w-e à l’envers de nous : ils commencent par le dimanche, le fameux jour où l’on ne fait rien et finissent leur w-e par le samedi, durant lequel certaines personnes travaillent… Pourquoi pas ! Cela évite nos fameux dimanches soir dépressifs : « beu demain c’est lundi ! ».
Le matin, j’enfile une de mes tenues traditionnelles. Ces habits amples et légers sont très agréables pour nos journées chaudes…De plus, la combinaison haut / bas est déjà faite ! Tu n’as pas à te poser la question pendant 3 heures si le pantalon va avec le haut. Ce n’est pas négligeable pour nous les filles, vu que cela nous prend en général la moitié de notre temps de préparation le matin…
Ensuite le petit déj, qui n’est pas une torture pour une suissesse !
J’ai le choix entre mon muesli suisse, qui est reconnu comme aliment de survie officiel de tout expat’, avec des bananes locales excellentes. Soit du riz soufflé, acheté au marché qui ressemble à des Rice Crispies en meilleur ! Ou encore des petits toasts avec du miel d’ici, qui est très bon : il est très liquide et foncé. (Pas aussi bon que celui des Tramaux de Bugnaux, pour ceux qui connaissent ! Cependant je le savourerai encore plus dès mon retour !
)
Tout cela accompagné d’un concentré de jus d’orange à diluer avec de l’eau : pas vraiment bon, ou un bon verre de lait (j’anticipe le fait que la bouteille de jus d’orange reste longtemps dans le frigo vu la dure concurrence avec le produit laitier
)

Chemin pour me rendre chez la famille Negrini
Ensuite, je me rends chez les Negrini pour 8h. Nous nous partageons l’enseignement avec Anne. Elle s’occupe principalement d’Elina (10ans) et je travaille avec Maïka (7ans). J’enseigne dans la pièce réservée pour « faire l’école », qui est équipée avec du super matériel rassemblé au fur et à mesure au fil des années par Anne.
Le programme par correspondance du CNED (système français) est très bien pensé et organisé, ce qui n’est pas le cas de toute méthode pédagogique
… (Je pourrais proposer un nouveau module à l’école pédagogique de Lausanne à propos de ce programme, parce qu’il est enfin logique !
)
A 13h, j’ai un repas prêt au Guest house (le petit « hôtel » de l’hôpital qui accueille les gens de passage). J’y mange ma viande du jour, du riz, un légume et une sauce de lentilles. C’est très bon et le cuistot sait d’où je viens alors il limite les piments.
Je mange à la locale, c’est-à-dire avec les doigts. C’est très agréable ! C’est fou comme tu apprécies plus le goût qu’avec une fourchette. Il y a toute une technique que j’avais repérée et observée à Dhaka qui va bien : étonnamment tu ne t’en mets pas partout…
Retour à l’école à 14h. Je commence avec Naeva (4ans) avec une demi-heure de petites activités enfantines…J’aime beaucoup et elle est ravie de faire enfin de l’école ! Je continue ensuite avec les filles, suivant les besoins, soit avec Maïka, soit Elina.
À 16h, l’école est finie. Je reste papoter encore un peu avec Anne, qui est une vraie « paysanne vaudoise » locale. Elle m’apprend quelques bons trucs à savoir pour cuisiner avec les choses d’ici.
Je rentre ensuite chez moi (quelques mètres), je lis, je trafique jusqu’à ce que ma colocataire revienne de l’hôpital et me dise « hé do you want a cup of tea ?! ». Quelques petits biscuits sous le porche avec notre tasse et souvent des journaux de déco dégotés chez Anne… tout cela in English of course, c’est très sympa !
Le soir, je mange volontiers avec ma colloc’. On prépare à manger avec les achats du marché. Cela prend du temps car tout est à préparer. Ce n’est pas habituel ici de trouver des choses toutes prêtes à mettre au micro-onde.
Autrement, je vais régulièrement manger chez les Negrini, j’aime beaucoup passer du temps avec eux. C’est très intéressant de discuter de leur vie ici, leur intégration, du travail de Jean-François à l’hôpital et la culture vue par des suisses établis ici depuis 7 ans.
Voilà une petite idée d’une journée « type », qui n’est que « type » puisque aucune journée n’a été semblable jusqu’à présent, et parce que j’ai pris la décision de ne pas vouloir les voir se ressembler jusqu’en décembre !
En s’intéressant sans cesse à la vie ici, il y a le risque de découvrir quelque chose de nouveau chaque jour et donc de ne pas s’ennuyer !
Je me pose régulièrement la question : « qu’est-ce que ça m’a coûté* personnellement d’être venu ici, qu’est-ce que ça va me coûter durant mon séjour, après quelque temps», et puis soyons « fous » : « qu’est-ce que ça me coûterait par exemple de m’installer ici » ?!
Lorsqu’on parle de coût, on pense à nos ressources…
Affaire à suivre…
* bien entendu je ne parle pas en l’occurrence du côté financier, mais bien ce que cela me demande comme effort sur moi-même… qu’est-ce que j’abandonne ?!
Namouchkar !
24 septembre 2008 à 9:49 | Publié dans Non classé | Commentaires FermésPOUR LES PRESSÉS :
J’aurais envie de vous dire tout d’abord : déstressez ! Ou alors venez par ici où le stress ne semble pas exister !
En gros, je suis bien arrivée à destination : Nilphamari, hôpital de la « Leprosy Mission ». Je m’y plais beaucoup et ai du plaisir dans mon travail avec les filles Negrini. Je partage une maison dans l’enceinte de l’hôpital avec une « grand-maman » anglaise physiothérapeute travaillant à l’hôpital. C’est une super occasion d’entraîner mon anglais !!!
Le paysage de ce pays me comble par sa beauté, ses fleurs d’ibiscus et ses rizières.
En gros, je suis ici comme un poisson dans l’eau… ou plutôt un poisson suant : ici l’humidité est terrible. On est transpirant en ne faisant rien !
Bref, je suis vivante, heureuse, en bonne santé, émerveillée… prête à affronter ces trois mois !
POUR LES VOYAGEURS :
Après avoir vécu mon plus long voyage en avion, passé un jour à la capitale, et traversé la moitié du pays en bus, je suis enfin arrivée dans ma maison bengalie.
J’ai le plaisir de vous présenter mon nouveau monde !!!
Dhaka (capitale), mes premiers jours dans le pays
Mon voyage a commencé par une halte dans la capitale, histoire de me remettre de mes 10 heures d’avion et de me préparer aux 10 heures de bus qui m’attendaient le lendemain.
J’ai pu dormir au centre de la « Leprosy Mission » de la ville. Des gens du monde entier y travaillent et donc la langue d’échange est l’anglais. Il a fallu rapidement s’y remettre ! Mais c’est avec plaisir !
J’ai eu la chance d’aller en ville avec une femme connaissant la langue locale et les moindres petits recoins de cette immense ville, c’est tellement agréable de découvrir une culture avec une connaisseuse…
Les achats en ville ici sont toute une aventure, car on ne peut pas sortir à pied vu la chaleur, notre couleur, et le trafic très dangereux pour les piétons. Nous avons été conduits par un chauffeur, un « As » de la route : sans ça, ici tu meurs au premier croisement ! Cette circulation est scientifiquement non explicable… Les croisements et dépassements entre véhicules tiennent du miracle ! Et pourtant, il semble ne pas avoir autant d’accidents que chez nous…
J’ai été surprise par la différence qu’il y a entre les mendiants d’ici et ceux que j’ai pu voir en Afrique… Ici c’est beaucoup plus « doux » si j’ose dire cela ainsi… Ils demandent, nous regardent, font souvent des sourires magnifiques mais n’insistent pas plus que ça, alors que j’ai un souvenir d’Afrique plus agressif… Toujours délicat de s’exprimer ainsi, cela reste une impression, un sentiment personnel…
J’ai vécu le moment que j’attendais impatiemment : le choix de mes nouveaux vêtements ! Je dois porter la « chalwa kameeze» : tunique très agréable, accompagnée d’un pantalon large et d’une longue écharpe. Cette dernière sert traditionnellement à couvrir la poitrine, cependant j’ai découvert par la suite d’autres utilisations : se protéger contre les courants d’air de la climatisation qu’il y a presque partout et s’essuyer le front quand il fait chaud, c’est-à-dire tout le temps ! C’est très pratique !

durant la saison des pluies

système ingénieux de pêche
Nilphamari, endroit où je vais passer 3 mois.
J’ai voyagé de Dhaka à Nilphamari (400 km) en bus climatisé (quel bonheur !!!). J’ai vu défiler la moitié du pays qui allait m’accueillir ces trois prochains mois. Une vraie frustration pour mon côté photographe, parce que j’aurais voulu m’arrêter tous les 100 mètres tellement c’était beau. Cependant un super moyen d’avoir une vue globale du pays rapidement (heu façon de dire !!!) avec explications en anglais des gens du pays assis à côté de moi, la base ! Des rizières, des villages commerçants où à chaque centimètre il se passe quelque chose, des pêcheurs le long de petits lacs,…
J’ai de suite su que ce pays allait me plaire… La végétation est si abondante et si VERTE, comme j’aime !
Après ce long et magnifique voyage, j’ai rencontré les Negrini en vrai (!), famille suisse avec qui j’ai correspondu durant ces derniers mois pour préparer mon mandat ici : faire suivre à leurs filles un programme scolaire par correspondance.
Super rencontre. Je me suis sentie bien accueillie et de suite acceptée par les filles, habituées à avoir des visites.
Je loge dans l’enceinte de l’hôpital,

entrée de l´hôpital
à quelques mètres des Negrini. Je partage une grande maison avec une Anglaise, Margret, qui a vécu une bonne partie de sa vie en Inde et est ici pour quelques mois avant de prendre sa retraite en Angleterre. Elle est physiothérapeute et a le mandat ces prochains mois de former des gens de l’hôpital.

dans l´enceinte de l´hôpital
C’est super d’être en collocation avec elle ! ça me change de mon expérience à Liège où je me battais avec mes colloc’ados pour que la vaisselle soit faite ! La collaboration me paraît plus simple avec une grand-maman !!! Elle m’apprend à faire des pancakes avec la farine d’ici, et elle m’embarque au marché et me marchande dans la langue mes achats… c’est génial !
Mes journées
Je passe mes journées dans la salle de classe chez les Negrini. Nous nous partageons le programme des filles avec Anne, la maman. Je passe le matin avec Maïka (7 ans), et les après-midi avec Elina (10 ans). J’essaie de prendre du temps aussi avec Naeva (4 ans) qui est très demandeuse… et qui ne voit pas pourquoi la nouvelle maîtresse ne ferait pas « de l’école » avec elle !!!
Conclusion
Je me plais beaucoup ici ; j’ai l’impression que cette expérience est faite sur mesure ; je suis convaincue que ce n’est pas du hasard que je me retrouve là… Pas de difficulté à m’acclimater. Je sens que toutes mes expériences, et particulièrement celle du Mali, m’ont bien préparée à relativiser les choses différentes d’une culture à une autre !
Le fait d’être seule et non en équipe, est positif pour moi. Je suis ainsi confrontée à la vie ici avec qui je suis, et m’évite de me « cacher » derrière une dynamique de groupe.

en chalwa, verte, pour me dissimuler facilement dans les rizières!!!
J’attends cependant de voir à long terme, car je m’attends évidemment à ce que la distance avec mon pays me pèse à un certain moment… mais en attendant, je me « force » à prendre mon remède contre le « homesick », un carré de choc par jour…
Le médicament n’est pas trop désagréable !
Au plaisir de vous partager mes découvertes…
Merci pour votre intérêt et j’espère que ces nouvelles vous auront fait voyager quelques kilomètres !
Je reçois volontiers vos commentaires sur ce blog en public ou par mail en privé (cf. onglet « contact »)
Salutations bengalies et amitiés,
fa. g.
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